Drame d’Inata : Cela révèle une nouvelle facette de la gestion en mode « laisse-guidon » du pays par le Président Kaboré (Balai Citoyen)

Ceci est une déclaration du Mouvement Balai Citoyen sur la situation nationale.

« Le Burkina Faso a subi ces derniers jours, des attaques lâches et répétées dont la plus tragique fut celle perpétrée le 14 novembre 2021 contre le détachement de la Gendarmerie de Inata et qui a couté la vie à 53 gendarmes et 4 civils selon le dernier bilan officiel.

En ces circonstances difficiles et douloureuses pour la Nation, le Balai Citoyen salue la mémoire des guerriers tombés sur le champ de bataille et présente ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes, aux collègues et ami(e)s des victimes et souhaite prompt rétablissement aux nombreux blessés.

Ce drame révèle une fois de plus l’ampleur des dysfonctionnements inadmissibles dans la chaine de prise de décision et de commandement au niveau politique et militaire. Malgré les multiples et diverses alertes et actions d’interpellation venant d’acteurs divers, le pouvoir politique dirigé par le président Roch Marc Christian KABORE s’est montré incapable et incompétent face aux cris de détresse des populations et des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) engagées dans les opérations de lutte antiterroriste.

L’irresponsabilité, l’insouciance et la trahison du peuple dans lesquelles se complaisent les autorités s’observent malheureusement sur plusieurs plans :
Sur le plan communicationnel, le pouvoir en place et ses communicants de tous bords ont opté de minimiser la situation et de mentir au peuple au lieu de capitaliser les alertes et propositions lancées de part et d’autre pour faire face aux attaques et soulager les populations. Mieux, ils ont décidé de s’inscrire dans une dynamique de propagande honteuse et de restriction des libertés individuelles et collectives, semant ainsi à dessein une confusion de tous genres dans notre pays.

Sur le plan économique, malgré la crispation de la situation politique et sécuritaire, aucun effort n’a été constaté de la part de l’Exécutif pour lutter contre la corruption, principale gangrène favorable à l’enracinement de l’insécurité. Pire, depuis six (06) ans, nous assistons à une corruption rampante et grimpante dans tous les secteurs d’activité, y compris dans les secteurs prioritaires de la sécurité et de la défense nationale.

Sur le plan institutionnel, le régime s’est inscrit dans une dynamique de prédation avec des nominations et des promotions de récompense et de complaisance dans les hautes fonctions de l’Etat, notamment au sein de l’appareil sécuritaire.
Sur le plan social, le Chef de l’Etat est resté imperméable aux cris de détresse du peuple. Les conditions de vie se sont détériorées avec la crise sécuritaire et sanitaire sans que le régime ne soit capable d’offrir des réponses concrètes et structurelles pour soulager les souffrances et le désarroi des populations.

Sur le plan sécuritaire et militaire, le drame de Inata sonne comme un aveu d’impuissance et de passivité sordide de la hiérarchie, du commandement des opérations. Le président Roch Marc Christian KABORE, son gouvernement et l’ensemble du commandement militaire ont littéralement échoué en s’effaçant et en affichant l’indifférence face aux cris de détresse des braves gendarmes du détachement qui manquaient du minimum vital pour accomplir sereinement leur mission. Nos gendarmes ont été livrés à l’ennemi, sur l’autel de l’incompétence et de l’insouciance de leur hiérarchie.

La conjugaison de tous les facteurs cités plus haut a eu pour conséquence de freiner la dynamique nationale de mobilisation populaire, de redressement de la Nation et de l’espoir suscité par l’insurrection populaire et la Transition.

Le ras-le-bol généralisé des masses populaires est légitime au regard de la conduite catastrophique des affaires par le Président Roch Marc Christian KABORE. Il est incompréhensible et inadmissible que depuis tant d’années et malgré les multiples interpellations et mises en garde, la situation sécuritaire et sociale va de mal en pis, au point où on en arrive à des dysfonctionnements ahurissants sur la chaine d’approvisionnement alimentaire et la relève des soldats qui se battent sur le champ d’honneur pour la Patrie.

Le drame d’Inata révèle une nouvelle facette de la gestion en mode « laisse-guidon » du pays par le Président Roch Marc Christian KABORE. Il est par ailleurs incompréhensible qu’il n’ait pas, une seule fois, assisté à une cérémonie d’inhumation de nos soldats tombés au front.

Le Président du Faso, en tant que Chef suprême des armées, est le premier responsable des faiblesses et des échecs de notre armée. A cet effet, il est inconcevable que dans cette situation, le Chef suprême des armées ne puisse mettre en place des mécanismes pertinents d’information et de contrôle des dispositions opérationnelles mises en œuvre et des difficultés rencontrées par les troupes. A défaut d’être sur le terrain des opérations, les moyens de communication actuels permettent aisément d’avoir régulièrement une liaison directe avec les chefs d’unité et de détachement sur tous les théâtres d’opération pour remobiliser les troupes et recueillir les difficultés. Le discours tendant à jeter la responsabilité du dysfonctionnement d’Inata, ayant conduit au blocage de la rotation des équipes et à leur alimentation sur quelques hauts gradés au niveau de la gendarmerie nationale est une piètre et intolérable tentative de dérobade. Cela démontre au contraire que le Chef suprême des armées ne s’intéresse pas aux conditions de vie des troupes sur le terrain. En refusant d’admettre sa propre responsabilité, le Président KABORE prend le risque de semer et d’approfondir la désunion au sein de l’armée et entre la troupe et la chaine de commandement.

Si le président du Faso en est le premier responsable, il en est un autre mandaté par le peuple qui ne remplit pas sa part de contrat : contrôler l’action de l’exécutif, rompre le cercle de la mal-gouvernance et proposer des solutions concrètes et idoines à la crise sécuritaire quasi-généralisée dans tout le pays. Il s’agit de l’Assemblée Nationale. Celle-ci est en effet composée de députés de la mouvance comme de l’opposition aux allures de bonnets blancs et blancs bonnets semblants s’entendre sur une chose, l’incapacité à nous trouver la solution.

En tout état de cause, le Balai citoyen réaffirme son attachement à l’Etat de droit et à la Patrie. C’est pourquoi, il interpelle, encore une fois, le Procureur du Faso près le tribunal de Grande Instance de Ouagadougou à examiner en toute responsabilité la plainte déposée en juillet 2021 contre le Gouvernement du Burkina Faso pour non-assistance à personne en danger.

L’action de la Justice dans la crise sécuritaire actuelle est tout aussi importante que les opérations militaires. L’enquête administrative annoncée ne saurait être la solution aux maux qui minent notre système de défense et de sécurité. Le problème est général et les responsabilités incombent, au premier chef, à ceux qui ont le pouvoir de décision. La justice en général et les magistrats en particulier doivent jouer pleinement leur rôle dans la situation actuelle. Les responsabilités pénales doivent être situées et les coupables condamnés et châtiés à la hauteur de leur crime.

Ouagadougou, le 20 novembre 2021.

Notre nombre est notre force !
Ensemble, on n’est jamais seul !
La Patrie ou la mort, nous vaincrons !
Pour le Balai Citoyen, la Coordination Nationale.
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