Visite inopinée du ministre de la Santé : « SOS Sang » invite Charlemagne Ouédraogo à secouer le cocotier

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L’association « SOS sang », section du Centre-Ouest, était face aux hommes de médias ce lundi 19 juillet 2021 dans la cité du cavalier rouge (Koudougou). Objectif, donner leur lecture suite à la visite inopinée du ministre de la Santé au Centre hospitalier régional de Koudougou (CHR) et du CMA de Réo. Laquelle visite a fait couler beaucoup d’encre et de salive.

A travers cette conférence de presse, SOS sang, qui est une organisation qui œuvre pour la promotion de la santé, a décidé de se prononcer sur cette situation qui défraie la chronique depuis un certain temps. On se souvient que le dimanche 11 juillet 2021, Pr Charlemagne Ouédraogo, ministre de la Santé, a effectué une visite inopinée au Centre hospitalier régional (CHR) de Koudougou et au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Réo. Au cours de cette visite, il affirmait avoir fait un « triste constat (…) car, il n’y avait ni médecin aux urgences, ni à la maternité, ni à la pédiatrie et ni à l’imagerie ».

Il a été également indigné de constater que l’équipe de permanence au Bloc opératoire et les médecins de la consultation étaient absents au CMA de Réo. Ainsi, le chef de service des urgences médicales, Abdoulaye Ouédraogo, médecin généraliste à travers un poste sur les réseaux sociaux, a tenté de justifier l’absence de ces spécialistes à leur poste pendant la garde, par l’insuffisance du personnel mis à la disposition du CHR.

Les membres de l’association SOS Sang étaient présents à cette rencontre

Une allégation que le président national de SOS Sang, Jean Bosco Zoundi, ne partage pas forcement. Un argument qu’il qualifie de léger. « Sans remettre en cause la véracité de cette allégation, nous estimons que c’est un argument léger. Est-ce parce qu’on n’a pas le personnel au complet qu’on doit croiser les bras ? Si par malheur une famille perdait un proche parce qu’un médecin, au lieu d’être à son poste, a plutôt préféré s’absenter et attend qu’on l’appelle en cas d’urgence, cet argument pourrait-il la convaincre ? La réponse est non et non », a-t-il martelé. Au contraire, selon le premier responsable de SOS Sang, Abdoulaye Ouédraogo est mieux placé pour comprendre que plus un patient est pris rapidement en charge, plus on a des chances de le sauver. Et « c’est pour cela d’ailleurs que la garde est instaurée dans les services de santé, » ajoute-t-il, tout en relevant qu’on l’aurait félicité s’il avait reconnu son tord et s’engager de mieux organiser son service pour donner plus de chance de survie aux nombreux patients que reçoit le service des urgences, à travers une prise en charge rapide.

Jean Bosco Zoundi ne s’est pas limité là. Il affirme être conscient que la disponibilité des moyens humains, matériels et techniques permet une meilleure prise en charge des malades. Cependant, dit-il, « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ». A l’entendre, le Burkina Faso a des moyens limités, raison pour laquelle, son gouvernement fait régulièrement appel aux partenaires techniques et financiers pour aider à doter chaque service de moyens dont il a besoin. Et au fils de la région d’ajouter : « Ce n’est pas dans ce contexte où le pays subit de plein fouet les affres du terrorisme que la situation de nos finances serait plus reluisante. »

Ce n’est pas la quantité qui fait le travail mais plutôt la qualité…

« Nous estimons qu’il n’est pas acceptable que des agents payés par l’argent du contribuable se dérobent à leurs obligations sous le prétexte qu’ils n’ont pas tous les moyens leur permettant de travailler », a relevé le conférencier tout en ajoutant : « Il faut que chaque responsable de service sache que ce n’est pas la quantité qui fait le travail mais plutôt la qualité doublée d’une meilleure organisation. (…) On le sait, notre Administration publique est caractérisée par un absentéisme chronique. Et si cela ne change pas, on risque de rater le train du développement. »

Jean Bosco Zoundi, président national de « SOS Sang »

Secouer le cocotier

Aussi, M. Zoundi a continué en invitant le ministre de la Santé à secouer sérieusement le cocotier pour impulser un nouveau dynamisme dans son département. Car pour lui, c’est d’autant plus nécessaire au vu du comportement de certains agents de santé qui laisse à désirer et lourd de conséquences. C’est pourquoi il encourage le ministre de la Santé à poursuivre ses visites inopinées. Car cela permettra, selon lui, de découvrir des pratiques qui nuisent au bon fonctionnement des centres de santé. « Certes, ce ne peut-être pas suffisant », reconnait-il. Cependant, il reste convaincu qu’il permettra de combattre les mauvaises pratiques qui sont devenues le sport favori de certains agents de santé.

Pour clore son propos, il relève qu’il existe malgré tout des agents de santé qui, malgré les moyens limités, font de leur mieux pour soulager les patients. Pour ce faire, il invite le gouvernement à améliorer davantage les plateaux techniques des hôpitaux et surtout à motiver les médecins qui sont toujours au chevet des malades. « Si un médecin qui prend en charge des malades en dehors de ses heures de services, que 50% des frais lui soient reversés et les autres 50% dans la caisse de l’Etat, cela encouragera ces braves médecins à toujours travailler pour la nation », a-t-il suggéré.

Prince Omar
Lefaso.net

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