L’opposition tchadienne divisée sur sa participation à la transition

L’opposition tchadienne divisée sur sa participation à la transition

Au Tchad, la composition du gouvernement de transition a été annoncée dimanche soir, près d’une semaine après la nomination du Premier ministre et deux semaines après la mort de l’ancien président Idriss Déby Itno. C’est le président du Conseil militaire de transition et chef de l’État, Mahamat Idriss Déby, qui a signé leur décret de nomination. Quarante ministres, très majoritairement liés au défunt président, mais également quelques opposants composent le gouvernement. D’autres, en revanche, ont choisi de rester à distance du pouvoir.

L’entrée la plus notable au gouvernement de transition est celle de l’opposant Mahamat Ahmat Alhabo, secrétaire général du PLD, qui devient ministre de la Justice. S’il ne cache pas certaines réticences, l’opposant veut jouer le jeu de l’union sacrée. « Quand je fais le décompte, je trouve qu’il y a un déséquilibre. L’ancien parti du président Déby s’est taillé la part du lion. La grosse volonté, c’est de pouvoir changer le système, redessiner le Tchad pour qu’in fine on se retrouve tous autour d’une table, tous les Tchadiens. Qu’on s’entende pour ne plus faire la guerre et s’entretuer. Vous savez, cette guerre-là a emporté un président de la République. Le plus gros objectif et le plus gros challenge c’est donc de réunir tous les Tchadiens quels qu’ils soient. L’objectif immédiat de ce gouvernement c’est de préparer ce dialogue national inclusif », explique-t-il.

À la question de savoir si cela veut dire que le gouvernement est là pour trois, quatre mois, Mahamat Ahmat Alhabo a répondu : « Oui, peut-être oui. »

Succès Masra fait également partie de l’opposition mais contrairement à Mahamat Ahmat Alhabo du PLD ou encore à l’opposant historique Saleh Kebzabo qui a placé deux membres de l’UNDR dans ce gouvernement, lui, a décidé de ne pas y participer. Le président du parti Les Transformateurs se montre très critique sur ce qu’il considère comme un gouvernement de décor. Il assure qu’on lui a proposé d’être ministre, Premier ministre même mais qu’il a rejeté ces offres.

« Avant de parler des personnes, j’ai toujours privilégié les principes et les valeurs. Moi, je ne suis pas pressé de rentrer dans un gouvernement. Je ne suis pas candidat à la transition. Je suis candidat à bâtir quelque chose de solide pour l’avenir. Si on est démocrate, on ne peut pas accepter la charte qui donne même plus de pouvoir actuellement au Conseil militaire de transition que ne l’avait le président Déby. »

« Ensuite, ce que le peuple tchadien demande, en amont, c’est d’abord l’architecture de la transition : un président civil, un vice-président chargé des questions sécuritaires et un gouvernement à la tête duquel il y aurait quelqu’un qui n’est pas marqué. Et les trois – qui composent le trio de l’exécutif – doivent s’engager, par écrit, à ne pas être candidats aux élections, présidentielles notamment, qui découleront de la transition. Ces principes de base ne sont pas là. Comment peut-on rentrer dans un gouvernement pareil ?! »

Succès Masra, à la tête du mouvement d'opposition Les Transformateurs, n'a pas souhaité figurer au gouvernement de transition.
Succès Masra, à la tête du mouvement d’opposition Les Transformateurs, n’a pas souhaité figurer au gouvernement de transition. © David Baché/RFI

Succès Masra rappelle le début de la Transition, et la répression des manifestations. promet pour les prochains jours de nouvelles marches et des actes de désobéissance civile.

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