Vie politique : Pr Étienne Traoré quitte la majorité pour l’opposition

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Par la liste publiée par le ministère en charge des libertés publiques, on relève que le parti Burkina Yirwa (intégrité et prospérité, en langue nationale), dirigé par Pr Etienne Traoré, quitte la majorité et, par ricochet, l’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP) pour l’opposition politique.

En 2015, Burkina Yirwa (crée en mai 2015 des suites d’une scission avec le PDS/Metba) a battu campagne pour le candidat Roch Kaboré. Le parti va par la suite fonder avec les dizaines autres, l’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP).

Fidèle à ses analyses-critiques, Pr Traoré a, dès les premiers moments du pouvoir, pris sa plume pour interpeller sur des aspects de la gouvernance. Ainsi, dans une tribune signée du 15 janvier 2016, titrée : « Etienne Traoré aux détenteurs du pouvoir d’Etat : « Le peuple burkinabè a élu un et un seul président du Faso », Pr Etienne Traoré lançait : « Que nos dirigeants vivent avec et selon cette conviction : la politique est un service public et social ; ce n’est donc pas un lieu et un jeu d’enrichissement. Celui qui ne peut pas accepter cela, je lui demande simplement d’aller faire du commerce !!! »

En juin 2018, dans une interview qu’il a accordée à L’Observateur Paalga, le président de Burkina Yirwa affirmait : « La gouvernance actuelle n’est pas de mon goût. On gouverne au jour le jour, par à-coups ou en fonction des évènements. Le copinage est la chose la mieux partagée ».

En février 2020, dans une lettre ouverte, Pr Etienne Traoré interpellait le président Roch Kaboré sur les implications supposées ou avérées du médiateur du Faso dans la sphère politique par cette interrogation : « peut-on faire de la politique partisane tout en étant médiateur du Faso comme le fait Madame Séré Saran ? ».

Après les sorties d’alerte (dont quelques-unes sus-énumérées), parfois mal perçues par « ses camarades » de la majorité, le professeur s’est visiblement résolu au silence, alors que jusque-là, et pendant plusieurs années, il a toujours pris part, à travers des tribunes, aux débats sur les grandes questions nationales.

Au moment où Roch Kaboré amorce son second et dernier mandat, et où encore la ruée vers la majorité est la chose la mieux partagée, ce départ d’un des vieux dinosaures de la vie publique burkinabè ne passe pas anodin. « Il fait incontestablement partie de ceux-là qui possèdent l’intelligence des faits du Burkina », affirme un de ses « anciens camarades » de la période révolutionnaire.

Mais ce départ, semble-t-il, n’emporte pas l’assentiment de toute la direction du parti. « Il a raison, mais la décision est extrême. Ça a même créé des grincements de dents…. Nous estimons que certes, tout (gouvernance, ndlr) n’est pas de notre goût, mais mieux vaut rester pour mener le combat à l’interne. Cette position (départ, ndlr) nous isole de nos partenaires, avec qui nous avons entrepris certains chantiers », explique un cadre du parti.

Cet autre contact de la direction, visiblement embarrassé par la situation, pense qu’il fallait, de toute façon, se décider face à la situation. « Partir ou rester ? Il fallait bien décider et chaque décision a ses conséquences », commente-t-il brièvement.

C’est donc dire que Burkina Yirwa est exposé à une scission et/ou à d’importants départs de ses cadres. En tout cas, c’est ce qu’offrent les ingrédients en présence.

Mais les jours à venir en diront certainement davantage, surtout si Pr Etienne Traoré, professeur de philosophie morale et politique, ancien syndicaliste et ancien député, ira renforcer le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) d’Eddie Komboïgo ou restera-t-il de l’opposition ‘’non-inscrite’’.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

PlaneteActu.com

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