Dr Lydia Rouamba : « La commémoration du 8 mars est un acte politique fort »

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Dr Lydia Rouamba est sociologue-chercheure à l’Institut des sciences des sociétés du Centre national de la recherche scientifique et technologique. Dans un entretien accordé à Lefaso.net, elle explique sa perception du 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

LeFaso.net : Que pensez-vous de la célébration de la journée du 08 mars, journée internationale de la femme ?

Dr Lydia Rouamba : Je voudrais remercier le journal en ligne Lefaso.net pour l’opportunité qui m’est donnée de m’adresser au grand public à l’occasion de la célébration de la journée du 08 mars. Comme je l’avais noté dans un de mes articles titré « Journée internationale de la femme 2013 : Recentrons-nous sur les vrais enjeux ! », la célébration du 08 mars, journée internationale de la femme, nous rappelle qu’à toutes les époques, et sur tous les continents, des voix de femmes se sont élevées pour dénoncer l’ordre inégalitaire qui présidait à l’organisation de leurs vies.

Et la lutte se poursuit ! La célébration de cette journée est donc une bonne chose. C’est une occasion pour nous, hommes et femmes Burkinabé, de faire un bilan, chacun et chacune à son niveau et de façon collective, des avancées en matière d’égalité de droits, d’opportunités entre les sexes dans notre pays.

Chaque mère et chaque père de famille devra regarder dans quelle mesure, il/elle a fait preuve de respect et de considération mutuels dans son foyer ; dans quelle mesure il/elle a donné les mêmes chances et les mêmes espaces de réalisation à ses filles et à ses fils. Si des écarts étaient constatés, il faudrait travailler à les corriger.

Que vous inspire le thème de cette année, « Inclusion financière par le numérique pour un développement économique de la femme » ?

Le thème retenu cette année montre que les autorités ont pris la mesure de la situation dans laquelle vivent les femmes. Notre pays est, en effet, confronté à une crise sécuritaire et sanitaire avec de nombreuses personnes déplacées dont, en majorité des femmes et des enfants. Dans un tel contexte, c’est salutaire de diriger les femmes vers des services financiers numériques à travers le développement de produits adaptés à leurs besoins. La dématérialisation des échanges et des flux financiers leur permet de mener des activités génératrices de revenus avec plus de quiétude en ne gardant pas trop de liquidités à domicile.

Quel est le message que vous avez à l’endroit des femmes à l’occasion de la commémoration du 08 mars ?

Le message que j’ai à l’endroit de mes mères, sœurs et filles est que chacune de nous devrait avoir en tête que la commémoration du 08 mars est un acte politique fort. C’est un combat pour l’amélioration du statut et de la condition des femmes. En effet, dans nombre de pays, des femmes continuent de vivre, au nom de valeurs culturelles ou religieuses, des violences et discriminations systémiques : violences sexuelles, violences domestiques, mariages précoces et forcés, interdiction d’accès à des espaces publiques et sphères de décision, etc. Plusieurs sont même tuées en raison de leur lutte pour la promotion des droits des femmes.

Chacune de nous doit donc prendre conscience que les gains dans le domaine des droits des femmes sont précaires et doivent, de ce fait, être défendus en permanence. Nous ne devons pas baisser la garde. C’est au quotidien que nous devons mener la lutte aux côtés des hommes !

Bonne fête du 08 mars à toutes les femmes et tous les hommes du Burkina du Faso.

Lefaso.net

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