Nécrologie : Macaire Ouédraogo, candidat à la présidentielle de 1978, est décédé ce matin à Ouagadougou

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Macaire Ouédraogo, fils d’une figure de prou de la Reconstitution de la Haute-Volta, est décédé ce mardi 12 janvier 2021 à Paspanga (Ouagadougou). Banquier de profession, M. Ouédraogo a été candidat à la présidentielle de 1978, sous la bannière de l’Union nationale pour la défense de la démocratie (UNDD). Il a mis en ballotage le président Lamizana. C’est la seule fois dans l’histoire politique du Burkina qu’il y a eu un second tour à une élection présidentielle. Retour sur l’homme politique et le banquier.

Macaire Ouédraogo est le troisième fils de Guillaume Ouédraogo, ancien président du Conseil général (embryon de l’Assemblée nationale) dont la mémoire est portée par un camp militaire. Il a contribué à écrire les plus belles pages de l’histoire des élections en Haute-Volta et sur le continent.

L’avènement du CMRPN le 25 novembre 1980 est toujours resté en travers de la gorge de l’homme politique. Car dans sa dernière interview accordée à nos confrères de Sidwaya le 12 décembre 2006, il confessait ceci : « Ce qui m’a marqué négativement est l’avènement du CMRPN le 25 novembre 1980. Car cette date a arrêté toute la reconstruction déjà amorcée par la IIIe République ». L’ancien séminariste, ancien banquier et homme politique était discret et efficace. Macaire Ouédraogo s’est aussi investi dans l’humanitaire. A propos de son silence, il dit ceci : « Mon silence ressemble à celui du cinéaste. Silence ! On tourne ».

Démocrate, feu Macaire Ouédraogo s’était réjoui en son temps, de la fin de la Révolution tout en reconnaissant la détermination de son peuple et ses acquis pendant la Révolution. Ses relations avec l’ancien président Maurice Yaméogo, grand ami de son père, étaient au beau fixe. « C’était un père au plan spirituel. Il est le pur produit de mon papa en politique », a-t-il répondu aux journalistes de Sidwaya.

Il décriait lors de cet entretien que le jeu politique n’a pas suffisamment tiré leçon des périodes de 1978 et 1980. Pour lui, il ne sert à rien de dominer sans penser aux autres et le verdict des urnes ne reflètent pas totalement la situation réelle d’un pays. Aux partis politiques de l’opposition, le disparu disait ceci : « Chacun doit mettre de l’eau dans son vin ».

Avant son entrée dans la politique, le regretté était avant tout un banquier. Il a de ce fait dirigé la Banque nationale de développement de la Haute-Volta (BND-HV), qu’il a quittée en 1978. Il a indiqué l’avoir laissée efficiente et prospère mais qui est ensuite tombée en faillite en 1995 soit près de 16 ans après. Il a également trainé sa bosse à la Banque commerciale BIAO, qui est devenue la BIB ensuite UBA, à Marseille, à Paris et à Bordeaux, et à Bobo-Dioulasso. Même s’il reconnait que les Banques au Burkina ont aujourd’hui des atouts importants, il soutient cependant que les expertises locales sont pas bien utilisées.

Obissa Juste MIEN
Lefaso.net

PlaneteActu.com

National Nécro