Covid-19: face à la pandémie, le Japon tremble mais ne vaccine pas

Covid-19: face à la pandémie, le Japon tremble mais ne vaccine pas

Après une gestion plutôt réussie de la pandémie le Japon place une partie de son économie en état d’urgence. Et ronge son frein en attendant le vaccin.

“Seuls les paranoïaques survivent”: ce pourrait être le slogan de la politique de santé du Japon face à la pandémie de Covid-19. Le premier Ministre Yoshihide Suga a annoncé mercredi 13 janvier l’état d’urgence dans sept préfectures japonaises dont celle d’Osaka, la deuxième métropole du pays. Après celui de Tokyo décidé la semaine dernière, 60% de l’économie du pays est affectée. D’autres préfectures ont déclaré leur intention de se mettre dans la même situation dans les prochains jours. Comme toujours depuis le début de cette crise, les annonces spectaculaires venues de la troisième économie du monde recouvrent une réalité assez prosaïque. L’état d’urgence, limité encore géographiquement aux préfectures les plus touchées, consiste surtout en conseils et admonestations divers, sans obligation de fermeture des écoles, des hôtels et des restaurants.  

Ce caractère relativement bénin reflète la situation sanitaire du pays. Au terme d’un an de Covid-19 celui-ci n’a provoqué la mort que de 4.043 Japonais -soit autant que le nombre de décès chaque année des seniors par une déglutition défectueuse, notent les statisticiens japonais les plus malicieux. “Il y a 39 fois plus de morts du Covid-19 par habitant aux États-Unis qu’au Japon”, observe le stratège Nicholas Smith, de CLSA. Le gouvernement est parvenu à relativement préserver l’activité économique tout en réduisant la circulation du virus, probablement grâce à l’application zélée des consignes de distance sociale par les Japonais. 

Tension hospitalière

Mais l’envol du nombre de cas quotidiens depuis le début de l’année (environ 7.000, contre 3.000 auparavant) a provoqué un début de panique devant la tension qu’ils provoquent sur l’infrastructure hospitalière du pays, qui affirme manquer de lits disponibles. Ce d’autant qu’un nouveau variant du virus, venu du Brésil, a été détecté dans le pays. Et que le pays est pressé par le temps en raison d’un facteur unique: la tenue des Jeux Olympiques de Tokyo l’été prochain, reportée d’un an une première fois en 2020. Le Japon confère un poids symbolique et économique démesurés à cet événement, censé saluer la sortie de la pandémie et le retour à la normale.

Le Japon ne peut pas compter dans l’immédiat sur la solution vaccinale pour endiguer la pandémie. À l’instar de la plupart des pays de la région, notamment les plus heureux dans leur gestion du virus (Taïwan, la Nouvelle-Zélande…), il a acheté les doses nécessaires mais ne se presse pas pour démarrer sa campagne de vaccination. Celle-ci ne commencera pas avant fin février, a annoncé le Premier ministre. Son opinion publique, historiquement méfiante face aux vaccins après une série de scandales, et moins pressée d’en finir que les pays plus touchés, ne lui en tient du reste pas rigueur. Une fois lancée, la vaccination devrait avoir lieu à une vitesse de shinkansen: l’Archipel a un excellent réseau de centres de soins. S’il parvient à vacciner rapidement les plus de 70 ans, qui comptent pour 86% des morts du pays, il sera déjà pratiquement tiré d’affaire, prédit Nicholas Smith. Mais en attendant? En attendant les Japonais portent le masque, limitent leurs déplacements, et se lavent les mains.  

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