Nomination de Zéphirin Diabre : Les Burkinabè l’attendent aux résultats…

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Moins d’une semaine après sa reconduction en tant que chef de gouvernement, Christophe Dabire a procédé à la formation de son gouvernement.

Parmi les nouveaux entrants, le président de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) et ancien chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabre, nommé au poste de ministre en charge de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale.

Comme il fallait s’y attendre, cette nomination provoque énormément de remous au sein de l’opinion publique Burkinabè. Des réactions mitigées qui attestent du sentiment de stupéfaction des populations après cette nomination, pour le moins surprenante. Sanou à Ouagadougou, et partisan déclaré du président en exercice, Roch Marc Kabore, doute ouvertement de la capacité du leader de l’UPC à assumer cette charge dans le contexte de tension politique que l’on connaît.


Selon lui, ‘’Diabre lui-même, nous tous on sait comment il n’est pas bien vu de l’autre côté (NDLR : chez les pro-Blaise Compaore). On ne lui fait pas confiance…moi-même, je suis un partisan de Roch, mais sincèrement, je ne le vois pas en train de réussir’’.

Un avis partagé par Wenceslas Boureima, ressortissant Burkinabè vivant à Abidjan, pour qui ‘’Zéphirin Diabre, on ne peut pas lui faire confiance’’. ‘’Nous tous, on sait comment il travaillait avec le MPP. Vous voulez qu’il vienne parler de réconciliation à qui ?’’, renchérit-t-il.

Pour relever les défis de la réconciliation, le profil du président de l’UPC ne semble, pas convaincre le plus grand nombre. D’autant plus que l’on se demande, comment ce personnage politique controversé, sur lequel pèsent de lourdes suspicions de connivence avec le régime en place à Ouagadougou, pourra faciliter le retour de l’ancien président, Blaise Compaoré et de ses proches au bercail.

D’autres, par contre, préfèrent se montrer beaucoup plus optimistes. Nikiema, sympathisant de l’UPC, installé à Abidjan, lui se dit confiant pour la suite. ‘’Le lion réussira ! ça, il n’y a aucun doute là-dessus ! Attendez, vous allez voir…on va le juger au résultat !’’ Ces résultats, les Burkinabè les attendent avec impatience.

Surtout que le sentiment qui semble se dégager à l’unanimité, c’est que seul un retour gagnant du successeur de Thomas Sankara pourra faire basculer la situation sur le plan sécuritaire.

Raoul Mobio

National POLITIQUE SOCIÉTÉ