Lutte anti-terroriste au Burkina Faso : « A toi, tombé en martyr »


Dans le poème ci-après, le poète, essayiste, nouvelliste Ayouba PORGO rend hommage à un ami martyr de la lutte anti-terroriste, et partant, à tous ces vaillants soldats déployés sur le terrain pour la circonstance.

Cher ami,

Beau fut ce jour où nous tissâmes ces liens d’amitié jamais détendus
On était jeunes, mais on consacrait l’amitié comme une religion.
Et ceux de notre localité qui nous admiraient étaient déjà légion.

Chère source de motivation

Et depuis ce temps, tu fus pour moi un tremplin lors de mes déprimes.
Si tu disais que ma personne t’inspirerait, la tienne me le faisait le plus.
Disons que cette influence mutuelle était pour nous une émulation sublime.

Cher camarade d’enfance et de jeu,

Certains naissent avec leur destinée dans le sang, et ce fut sans doute ton cas.
Tous tes camarades te voyaient futur guerrier, pour ta rudesse lors des jeux.
On te surnommait le brave, le commandant et surtout le chef pour ton ‘feu’.

Cher ami de l’école,

Ce fut un plaisir, un honneur de t’avoir à mes côtés pendant les études.
Elève polyvalent et sportif, tu bossais en jouant, devenant ainsi énigmatique
Car ton travail rendu toujours parfait ridiculisait les langues critiques

Cher compagnon,

Ta légendaire particularité venait de ta capacité à ne rien dramatiser.
T’avoir en ma compagnie créait chez moi un sentiment d’aise céleste ;
Et je me voyais, à tes côtés, capable de supporter le poids du mont Everest.

Cher élève gendarme,

« Je porterai l’uniforme, mon cher ami, même si cela me coutera la vie ! »
Tu me l’as dit quelques temps avant d’intégrer ce corps si noble et si élitiste.
A l’école tu y forças le respect général par tes simplicité, courage, et charisme.

Cher Gendarme,

Devenu professionnel, tu ne cessas d’impressionner, de persévérer et d’avancer.

Ta soif des études s’intensifia et tu fis même à distance des études universitaires.

Et chaque jour, chaque heure et chaque minute devenaient pour toi si chers,

Cher Maréchal des Logis-chef,

Ton titre le plus aimé—chef — venait d’être acquis avec splendeur
Et tu visais toujours loin, prêt à ravir d’autres titres, d’autres sacres.
Tel était ta personne : insatiable de réussite, ivre d’éclatantes victoires.

Cher courageux combattant,

« Nous vaincrons bientôt, il faudra seulement écarter les plaisantins du terrain
Il faut de vrais combattants ; certains mourront et les survivants vaincront »
Me lançais-tu lors de nos conversations, avec la rage de vaincre, tout serein.

Cher Martyr National,

Patriote jusqu’à la moelle tu l’étais, prêt à défier le désert partout.
Loin de ta famille, tu te consacras à la vie du groupe et aux patrouilles.
Aucune peur de la mort dans les yeux, tu te sacrifiais partout
Jusqu’à ce jour où tu fis le dernier sacrifice de ton souffle pour nous.

A vous martyrs ; à vous combattants,

Ce message rend hommage à un ami martyr de la lutte anti-terroriste
Et partant, à tous ces vaillants Forces de Défense et de Sécurité.
A ceux tombés les armes à la main pour redonner du souffle à la patrie
Et aussi à ceux veillant jour et nuit pour redonner plus de souffle à la patrie.

Ayouba PORGO,
Poète, essayiste, nouvelliste.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *