7e art dans la région du Nord :  Comment tourner un long métrage sans partenaire financie

Le quartier Tougzagué, dans le secteur 13 de la commune de Ouahigouya a abrité le lancement du tournage du film « Pa- pulemd-yé » du réalisateur Landaogo Pascal Ganamé ce lundi 13 mars 2016. Le top de départ du tournage de ce premier long métrage de 90 minutes de ce réalisateur, traitant de l’oubli a été présidé par le gouverneur de la région du Nord, Hassane Sawadogo.

Zone non-loties de la commune de Oauhigouya, au secteur 13 de la ville, c’est ce cadre à caractéristique rurale que Landaogo Pascal Ganamé a choisi pour amorcer le tournage de son premier long métrage intitulé « Pa-pulmd-yé de » d’une durée de 90 minutes.  A notre arrivée sur les lieux aux environs de 14 heures 27 minutes, la petite tente qui servait de lieux d’accueil des invités refusait déjà du monde. Convives et  curieux de passage s’impatientaient de voir comment les choses allaient se passer. Le tournage d’un film est un événement rare à l’intérieur du pays et quoi de normal qu’il suscite autant d’attraction dans région du Nord. Du côté du réalisateur, l’anxiété était visible sur le visage car l’activité initialement prévue pour la matinée a été reportée dans la même soirée. Pour un coup d’essai et devant de hautes personnalités à l’image du gouverneur de la région, il fallait tout faire pour minimiser les ratés et convaincre que ce n’est pas une vulgaire plaisanterie.   Les choses tardaient à commencer, toute chose contribuant à faire monter l’adrénaline du réalisateur et des comédiens. La foule grossissait au fur et à mesure que le temps passait. Enseignants et élèves de retour de l’école, tous marquaient un temps d’arrêt pour assister à cette agréable surprise. Ouf de soulagement pour ceux qui attendaient depuis 14 heures, c’est  aux environs de 16 heures 45 minutes, que le gouverneur de la région du Nord, Hassane sawadogo, le directeur régional de la culture, des arts et du tourisme du Nord, Roger Sankara et le directeur de cabinet de maire de la commune de Ouahigouya, Yassa Ouédraogo marquèrent leur arrivée. Premier au crachoir, le directeur régional de la culture, s’excusant du retard avant de prononcer son mot. Pour lui, le Burkina regorge de grands hommes du 7ème art, mais force est de reconnaître que ceux-ci résident dans la capitale. Partant de ce constat, la production de films en milieu déconcentré est quasi inexistante à l’heure ou la décentralisation culturelle est prônée depuis quelques années. Et après son premier court métrage  « Elle n’a été invitée » de 5 minutes 13, et « C’est comme ça » de 13, 30 secondes, le réalisateur,  Landaogo Pascal Ganamé est pour lui un exemple atypique dans le métier du 7e art. « En dépit du manque de moyens financiers et matériels, ce fils de la région du nord a réalisé déjà deux films dont la dernière en date, « C’est comme ça ». Un court métrage qui  a été sélectionné à la 25ème édition du FESPACO. Il faut noter que pour sa première participation, son œuvre a été sélectionnée et projetée à l’espace junior. Et nous tirons déjà satisfaction car plusieurs cinéphiles ont apprécié cette réalisation. Pour ce long métrage, nous demandons à toutes les bonnes volontés, surtout les fils de la région à apporter leur soutien  à ce grand réalisateur qui a besoin de peu de moyen pour étaler tout son talent au monde entier » a soutenu le directeur régional. Le gouverneur de la région du nord, lui disait s’inquiéter des capacités financières de ce jeune réalisateur à faire un long métrage. Ses doutes se sont dissipées au vu d’autant d’acteurs, plus d’une quarantaine mobilisée pour le tournage.  Ragaillardi, il conseillera à Pascal   de vivre sa passion et  la traduire avec engagement et détermination. Il se convainc que le bout du tunnel n’est pas loin pour un homme aussi volontaire, plein de courage et bien déterminé. Le gouverneur fonde sa conviction qu’au regard du milieu choisi pour le tournage du film et de l’usage de la langue locale, Pascal sortira une œuvre d’art qui fera tabac- dans les salles de projection.  Véritable self man ayant tout appris dans le tas et à la force du poignet, Pascal qui a à son actif deux courts métrages explique que ce film, son premier long métrage traite du thème de l’oubli au sein de la société. Il indiquera que la réalisation prendra un mois avec l’accompagnement de 33 acteurs. Et on note parmi les comédiens, le Vieux Touré Amadé, acteurs dans le film « Yaaba » de Idrisssa Ouedraogo, et Nouss Nabil aussi acteur dans le film « la colère des dieux » du même réalisateur et bien d’autres figures bien connues sur la scène théâtrale au Nord. Au sujet des ressources financières, Pascal Landaogo Ganamé dit compter sur ses propres fonds, tout en se réjouissant   de la  compréhension et l’adhésion des comédiens et des techniciens. Après le clap de départ, les autorités ont pu assister au tournage d’une scène avant de se donner rendez-vous dans un mois pour le film. « Comment tourner un long métrage sans l’apport financier d’un seul  partenaire »? « Comment traiter le thème de l’oubli pour l’accrocher au public? », il faut être atypique comme Landaogo Pascal pour tenter une telle aventure et il nous en donnera les réponses dans un mois.

 

Faso nord info      

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