Migrations à risques et travail des enfants: Plus de 3000 enfants à protéger dans 4 provinces du Burkina selon l’ONG Terre des Hommes (TDH) et EDUCO

Les ONG Terre des hommes /Lausanne (TDH) et EDUCO, structure espagnole basée à Ouahigouya  ont lancé le jeudi 09 février 2017, le projet « Réduction de la vulnérabilité et de protection du droit à la protection des enfants exposés aux migrations à risques et à l’exploitation par le travail(PREMET) ». Cette cérémonie de lancement organisée   à Gourcy, capitale de la province du Zondoma a été présidée par Mme le Haut- commissaire, Haoua Kabore.

La province du Sourou se présente comme un bastion de recrutement des filles de ménage appelées communément « bonnes », alors que dans la commune de Seguénéga dans la province du Yatenga, c’est la ruée des enfants vers les sites d’orpaillage.  Ce phénomène de migration et de travail des enfants présente de grands risques : abandons scolaires, pires formes de travail des enfants se soldant par des maltraitances physiques. Œuvrant pour la protection des droits de l’enfant, les ONG EDUCO et Terre des hommes ont jugé nécessaire de travailler main dans la main, d’où le projet PREMET.    « Promouvoir un environnement familial, communautaire et institutionnel qui protège les enfants (particulièrement les filles) de la migration à risques et de l’exploitation par le travail et qui leur offre des opportunités de promotion sociale et économique » c’est la finalité de ce projet. Sa mise en œuvre durera trois ans, de janvier 2017 à décembre 2019. Terre des hommes se chargera de conduire les activités dans 20 villages de 5 communes de la province du Sourou tout en s’occupant des flux vers Ouagadougou et Bobo Dioulasso. EDUCO pour sa part se mettra en action dans 10 villages de la commune de Séguénéga et des migrations des enfants vers le chef-lieu de la province. « Ensemble nous ferons mieux, nous ferons plus et nos enfants seront mieux protégés » a déclaré la directrice adjointe de Terre des hommes au Burkina, Vanessa Konaté, évoquant l’intérêt de cette mutualisation des forces entre sa structure et EDUCO. Mieux, les deux structures ne seront pas les seules sur le terrain, la mise en œuvre des activités verront la forte implication des structures déconcentrées de l’état, des autorités locales, d’organisations de la société civile et des leaders communautaires. « Les représentants des structures chargés de l’éducation, la formation professionnelle et la réinsertion, l’action sociale, la justice, la promotion des enfants occuperont une place de choix dans l’exécution des activités » a insisté le représentant /pays de l’ONG EDUCO, Edouard junior NDEYE. Les porteurs du projet selon Edouard Junior entendent faire en sorte que les collectivités ciblées dans le Sourou et le Yatenga prennent davantage en compte les besoins des enfants et des filles en particulier dans leurs plans de développement communaux.

 

Pour Vanessa Konaté, la directrice adjointe de Terre des Hommes, la conduite de ce projet qui se veut innovateur s’exécutera dans une dimension holistique. Concrètement, les activités porteront sur la prise en compte des moyens d’existence, l’accès à l’eau, la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’éducation formelle et non formelle. Le répondant de l’ONG EDUCO se convainc que l’ensemble de ces mesures permettra d’aboutir à cet objectif de créer des opportunités de développement au profit de 3000 enfants. De la présentation du projet aux participants à la cérémonie de lancement, l’on retient que PREMET cible 2000 enfants dans les zones de départ (Sourou et Séguenega). Il compte faciliter l’accessibilité de 150 filles à l’éducation formelle et informelle, la formation qualifiante de 200 enfants, l’accès de 150 bénéficiaires à des activités socio-économiques. Dans les zones de destination (Houet, Kadiogo, Yatenga), le projet se fixe pour mission de protéger et de renforcer les capacités de 1000 enfants dont 60% de filles. Quatre-cent (400) familles vulnérables issues des 30 villages bénéficieront de filets de protection sociaux, 300 familles susceptibles d’influencer le départ des enfants seront accompagnés à travers l’approche déviance positive. 150 leaders communautaires seront impliqués dans les dispositifs locaux de prévention et de protection. « Au regard de ces résultats escomptés, le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille accueille avec beaucoup d’intérêt ce projet et marque son entière disponibilité à accompagner sa mise en œuvre » a soutenu le directeur général de l’Encadrement et de la Protection de l’enfant et de l’adolescent, Jérôme Yaméogo. Ce projet est financé par le traditionnel partenaire de Terre des hommes, la coopération au développement Lichtenstein/LED, l’ONG EDUCO et la coopération suisse.

                                                                                        Faso-Nord. Info

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