ANII de l’insurrection populaire à Ouahigouya : Ces Caciques de l’ancien régime qui nous pompent l’air

La coordination provinciale de la résistance du Yatenga( COPRY), cette structure qui a organisé les actions de protestation contre le putsch du 16 septembre, qui s’est rebaptisé tout dernièrement Comité  de défense de l’insurrection  populaire a  organisé dans le cadre de la commémoration de l’an II de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 ,une conférence publique sur le thème « La défense et l’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire et de la résistance contre le putsch du 16 septembre 2016 ».  Ce thème a été développé par le secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina(CGTB), Basolma Bazié. Il avait à ses côtés le secrétaire général du syndicat national des travailleurs de l’éducation de base (SYNATEB), François de Salles Yaméogo

Concernant cette célébration, l’Union d’action syndicale dont sont membres la CGT-B et le SYNATEB est sur la même longueur d’onde avec le comité de défense des acquis de l’insurrection du Yatenga. Ils se sont mis en marge des activités prévues par le gouvernement. « Le collectif CGT-B réaffirme son entière adhésion à la décision de l’Union d’action syndicale de commémorer l’anniversaire en sa manière et non pour le moment en union avec d’autres entités surtout politiques qui peinent toujours à convaincre que leurs actes sont posés dans l’intérêt du peuple » a laissé entendre Basolma Bazié. Son appréciation sur l’insurrection et la résistance contre le putsch est sans ambages. « Ces deux évènements historiques ont été des preuves de la maturité de notre peuple, de son refus de l’arbitraire, de son rejet du putschisme, de son attachement aux valeurs démocratiques » a -t-il martelé. Ces évènements ajoute -t-il, ont également montré que le peuple peut renverser ses oppresseurs, la bourgeoisie réactionnaire et les puissances impérialistes. Au nombre des acquis, il cite la prise de conscience du peuple, de ses forces, de ses capacités. La preuve c’est d’avoir chassé le président Blaise Compaoré après 27 ans de pouvoir, régnant sur un système de domination. HPIM4270.JPG

L’arbre ne doit pas cacher la forêt

Autres acquis, le maintien et l’élargissement des espaces de liberté suppression des zones rouges, maintien des émissions interactives), l’entrée en lutte des couches populaires, la réouverture et la poursuite de l’instruction des dossiers des crimes économiques et de sang, la relecture de la loi portant amendes et délits de presse. La baisse du prix des hydrocarbures, du ciment, l’abrogation de la loi 013 remplacée par la loi 081 portant statut général de la fonction publique sont également des points d’honneur. Mais tout n’est pas rose, le conférencier s’offusque contre la perpétuation du programme d’ajustement structurel (PAS) par le pouvoir actuel à travers son programme de développement économique et social (PNDS). Il s’enrage aussi contre la persistance de l’impunité. « Non seulement le nouveau pouvoir n’a rien entrepris comme mesure contre les criminels économiques et sang, mais il a engagé des actions ouvertes de libération des criminels mis aux arrêts par la transition » regrette Basolma Bazié. Tout en dénonçant ce qu’il appelle prime ouverte à l’impunité, il exige du pouvoir la poursuite des actions judiciaires contre les criminels de tous acabits. Pour lui, il n’est pas question de se satisfaire des acquis de l’insurrection populaire pour dormir sur ses lauriers ou de se décourager de son non aboutissement. La lutte pour le vrai changement social insiste-t-il doit être organisée et permanente.  Selon lui, la meilleure commémoration au nom des martyrs qui soit est de juger les auteurs d’actes criminels, le jugement des crimes économiques et sang et le châtiment des fautifs, la construction d’une vrai unité nationale fondée sur la vérité, la justice et la réconciliation nationale, la lutte contre la vie chère, la défense, l’approfondissement et la promotion des libertés démocratiques, politiques, syndicales et d’expression, la lutte pour une vrai souveraineté du peuple.

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Pour l’écriture de la nouvelle constitution, Basolma Bazié et sa troupe n’entendent pas jouer à la politique de la chaise vide. Ils y participeront tout en restant attachés à la prise en compte de certains principes. Il indique entre autres le principe de la consignation et du respect des libertés et des droits ; la constitutionnalisation de l’insurrection et de la résistance populaire ; la garantie de la souveraineté du peuple sur certains domaines essentiels (sécurité, intégrité territoriale, santé, alimentation, éducation) Cette entité sociale prêche en outre pour la promotion des langues nationales et dans les écoles ; la limitation des mandats présidentiels. Si les syndicalistes ne cautionnent pas la mise en place d’un sénat, ils restent attachés à l’élection des maires au suffrage direct. Les conférenciers et beaucoup de ses interlocuteurs ont embouché la même trompette pour signifier que si l’insurrection et la résistance traduisent une maturation du peuple, une véritable transformation sociétale passe par une révolution armée. Actuellement estiment-ils, les signaux en matière de gouvernance sont au rouge. C’est pourquoi ils invitent les dirigeants actuels à se ressaisir à temps au risque de se voir éjecter du pouvoir, arrêter et juger. Comme pour dire que si insurrection il y a, les victimes n’auront pas le temps de traverser les frontières du pays. Le secrétaire général du SYNATEB a porté un éclairage à certaines préoccupations des participants. Il s’agit de cette histoire de carburant accordé par le ministère de l’éducation nationale aux structures syndicales et des imperfections dans la mise en œuvre de la loi 081. Faisant la genèse de la loi 013, le SG du SYNATEB se convainc que l’abrogation de cette loi pour aller à la loi 081 est un acquis qu’il faut apprécier à sa juste valeur. Il reconnait cependant qu’un travail reste à faire afin d’obtenir la correction des irrégularités constatées dans l’application de la nouvelle loi.  Foi de François de salle Yaméogo, le SYNATEB n’a pas outrepassé ses règlements intérieurs et ses statuts en acceptant la dotation du carburant par le ministère. Ce ramdam autour de cette histoire n’est rien d’autre qu’une campagne de dénigrement orchestrée pour tenir l’image du syndicat. Les deux leaders syndicaux ont invité les militants à élever leur niveau de culture syndicale leur permettant de faire des analyses objectives des évènements sociaux. « Il est indispensable que le mouvement syndical s’engage fortement à s’assumer dans la défense des acquis de l’insurrection afin de renforcer la prise de conscience des travailleurs en lien avec la lutte de notre peuple pour émancipation totale et pour le progrès social véritable » a conclu la tête d’affiche de la CGT-B. Vous comprendrez aisément que le comité de défense des acquis de l’insurrection populaire émane de ce collectif syndical. En plus cette conférence, dans le cadre de cette commémoration, il organise une projection cinématographique au cours de la nuit dû à la place de la nation de Ouahigouya

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