Le pouvoir des adolescentes- Horizon 2030 : L’éducation, la meilleure arme !

La célébration de la journée internationale de la fille à Ouahigouya le mardi 11 octobre 2016 a été marquée par une conférence publique sur le thème « Le pouvoir des adolescentes-horizon 2030 », thème mondiale de la célébration de cette journée instituée par les Nations –Unies en 2011. La déléguée des filles, le président du conseil de l’administration de l’Association pour le bien-être familial, Abdoulaye Kindo, la marraine de la cérémonie notamment la maire de la commune de Gourcy Adja Kadidia Traoré et le gouverneur de la région du Nord, Hassane Sawadogo ont relevé les maux que vivent la jeune fille et souligné la nécessité de prendre des mesures adéquates en vue de les éradiquer.

« Partout dans le monde, les filles sont victimes de discriminations, de violences et de sévices. C’est cette situation alarmante qui a motivé la proclamation de la Journée internationale de la fille, une célébration organisée pour faire comprendre qu’il importe de donner aux filles, les moyens de contrôler leur destinée et de garantir l’exercice de leurs droits fondamentaux » a fait remarquer le gouverneur de la région du Nord, Hassane Sawadogo.  Selon les statistiques officielles indique le gouverneur, au Burkina Faso, plus de 62% des femmes dans la tranche d’âge de 25-29 ans ont connu un mariage précoce. « Les enfants nés de mères âgées de moins de 18 ans ont 60% plus de risque de mourir dans leur première année de vie que ceux dont les mères ont plus de 19 ans » renseigne-t-il. « Elles sont nombreuses les filles qui suspendent ou abandonnent leur cursus scolaire pour cause de grossesses non désirées ou précoces » regrette le représentant de l’Etat au Nord. Et la marraine Mme Kadidia Traoré d’enfoncer le clou : une femme sur trois est victime de violences. La moitié des victimes d’agressions sexuelles sont des filles de moins de 16 ans.

Le drame du mariage précoce

Citant des données de la direction provinciale de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, le président du conseil d’administration de l’AJBF, Abdoulaye Kindo relève que le mariage précoce occupe la deuxième place après les conflits conjugaux. Le mariage des enfants poursuit-il est le plus pratiqué touchant surtout la tranche d’âge de 10 à 15 ans soit près de 55% de cas reçus. Les scolaires, représentent 05%. 70% des filles victimes de ce genre de mariage soutient-t-il, sont orphelines de père sont sans soutien. « Le phénomène n’est pas seulement rural et analphabète.il est aussi intellectuel » insiste-t-il.

« Toucher les filles pauvres et marginalisées ».

A entendre les intervenants, l’éducation est le remède efficace pour faire face à ce fléau. « L’éducation est l’un des meilleurs moyens de protéger les filles contre le mariage alors qu’elles sont encore des enfants. Lorsqu’elles peuvent rester à l’école et éviter d’être mariées à un jeune âge, les filles peuvent jeter les bases d’une vie meilleure tant pour elles-mêmes que pour leur famille. L’accès à l’éducation leur offre des possibilités d’insertion dans la vie économique et leur permet d’enrichir leur vie et d’améliorer leurs perspectives d’avenir » se convainc Hassane Sawadogo. Pour la marraine, l’enseignement peut jouer un grand rôle dans la lutte contre la violence faite aux filles. Elle conseille l’usage judicieux des innovations et des nouvelles technologies pour permettre une prise en compte des filles pauvres et marginalisées. Au sujet du thème de la célébration « Le pouvoir des adolescentes – horizon 2030 »,  le gouverneur de la région du Nord est sans équivoque « Le pouvoir des adolescentes est une obligation aux termes de la Convention relative aux droits de l’enfant et de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, et un aspect essentiel de la réalisation des objectifs pour le développement durable, de la promotion de la croissance économique et de l’édification de sociétés pacifiques et solidaires .il se veut être une simple question de justice et d’égalité » . Créée en 1995, et intervenant au Yatenga, au Lorum et au Zondoma, l’AJBF, selon son président de conseil d’administration œuvre pour l’amélioration des conditions de vie des populations tout en concentrant son attention sur la question du mariage des enfants. Dans ce sens, l’AJBF conduit des activités afférentes à l’autonomisation de la jeune fille à travers l’éducation, l’accompagnement juridique, la réparation des séquelles de l’excision etc. Le témoignage de la déléguée des vedettes de cette journée vient confirmer les propos du président du conseil d’administration « Grace aux actions de l’association, beaucoup d’entre nous ont bénéficié d’actes de naissance, accédé à l’éducation, poursuivi des études, épargnées par l’excision et le mariage précoce et ont connu la célébration internationale de la jeune fille.

                                L’AJBF, bien déterminée

« Le thème de la présente journée se conjugue très bien avec les objectifs de l’association en ce qu’il traduit l’importance, le rôle et la place accordée aux femmes dans les institutions républicaines » foi de la marraine. Et le gouverneur de la région du Nord de conclure « C’est pourquoi j’invite instamment les familles, les responsables communautaires et les chefs religieux, la société civile, le secteur privé, les hommes et les garçons, à promouvoir les droits des filles. Je fonde donc l’espoir qu’à l’issue des activités entrant dans le cadre de cette journée, une détermination de plus en plus poussée permettra de lutter plus efficacement pour l’éradication totale du phénomène du mariage précoce des adolescentes dans nos villes et nos campagnes ». Au niveau de l’AJBF, l’engagement est visible. Elle dit se donner tous les moyens pour faire de cette journée une tribune de magnification de la jeune fille, de bilan, de plaidoyer et d’interpellations pour la promotion des droits de la fille. Après cette première édition à Ouahigouya, les autres chefs-lieux de province de la région abriteront la célébration de la journée de façon tournante, informe le président du conseil d’administration. « Cette année, une dizaine d’associations nous ont soutenu dans l’organisation, nous souhaitons plus d’adhésion pour les futures éditions » déclare Abdoulaye Kindo sans manquer de traduire sa reconnaissance à son traditionnel partenaire Kinderpostzegels des Pays-Bas.

Le Nord-Communication SAM_2456.JPGSAM_2481_New1.JPGSAM_2490.JPGSAM_2487.JPGSAM_2504.JPGSAM_2470.JPG

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